Cinq SDF se souviennent de leur première nuit dans la rue

Publié le par laviedephoenix.over-blog.com

MARION.jpg

 

Paul a marché, Jeff n'a rien vu venir, Marion a eu peur, Philippe a goûté le hot-dog merguez, et Flo a trouvé ça… « formidable ».

A la rue, il se dit souvent que les SDF ont deux âges : l'âge de leur état-civil, et leur âge de rue. La première nuit passée dehors ne s'oublie pas. Elle signe la naissance de quelque chose ; il y a un avant et un après. Paul, Jeff, Marion, Philippe et Flo s'en souviennent tous en détails, qu'elle se soit passée il y a vingt ans ou trois mois. Les circonstances, la nuit elle-même, le lendemain et le moment précis à partir duquel ils se sont sentis plonger…

- Paul : « La première nuit, j'ai marché… marché… marché… »

Paul a 45 ans et quinze années de rue. A l'évocation de sa première nuit, il a des trémolos dans la voix et recommence à se ronger les ongles.

Paul a connu ce que les travailleurs sociaux nomment souvent « des accidents de vie ». Les siens tiennent à une adolescence chaotique et délinquante, suivie d'un divorce qui tourne au vinaigre.

Il a une trentaine d'années quand sa femme lui demande de partir. Paul enchaîne alors les petits boulots. Il refuse de s'éloigner de son fils et emménage dans un hôtel à la semaine en banlieue parisienne. Un mois, deux mois passent ; l'argent vient à manquer. « Un divorce, ça te met sur la paille », résume Paul, en martyrisant sa cuillère, au café.

Il sombre dans la dépression, et échoue dans un camping où ses conditions de vie se détériorent à l'extrême. Jusqu'au jour où « on a la maison sur le dos, comme on dit. Débrouille-toi… » (Ecouter la première nuit dehors de Paul)

Paul a bien cherché des solutions…

« Mais je n'en avais plus. La famille, je l'ai appelée tout de suite pour lui dire ce qui m'arrivait, mais ça n'a rien changé. Et les potes… j'en connais pas beaucoup qui aident pour un hébergement. »

Quand vient le moment de dormir dehors, il se sent si humilié qu'il cache sa situation à la plupart de ses amis.

- Jeff : « J'ai rien vu venir »

Jeff a aujourd'hui 32 ans, (...)

Lire la suite sur rue89.com

 

 

C'est mon propre fils, qui m'a trouvé cet article..je suis fière de lui,  car petit comme il est, il a une sensibilité grandissante...et de voir des gens dans la rue lui touche, comme cela devrait nous toucher à nous tous, et encore plus à ceux qui nous gouvernent et ne semblent pas faire grande chose pour arranger ceci.

Commenter cet article

ucem 19/08/2011 18:26


Bonjour Esther,
Je pense souvent à toi, à ton action. J'avais mis le lien sur ma page facebook pour toi mais je ne sais pas si tu l'as vu. Le voici http://www.dailymotion.com/video/xg0vj2_vivre-sans-toit-sdf_news
Je pensais que peut-être tu pourrais prendre contact avec Muriel Dumont. Elle est à la Rochelle mais elle de l'expérience et... je ne sais pas, à toi de voir si ça t'intéresse. Je t'embrasse bien
fort et te souhaite le meilleur.


laviedephoenix.over-blog.com 26/11/2011 15:06



je vais voir, je suis de nouveau sur le terrain. merci ma chérie de lumière!!



Mudeploug 31/05/2011 17:54


Respect à ton fils....digne fils de sa mère;-))Magnifiques témoignages très forts ne laissant pas indifférents....oui, ça peut arriver à n'importe qui....BiZZZ


vincent 31/05/2011 07:36


merci de ces témoignages, et merci à eux de nous rappeler que nous sommes "eux aussi", rien ne nous sépare d'eux, seulement la loterie de la vie qui peut tourner à tout moment! Il est étrange que
des êtres humain puissent admettre que "leurs frères" puissent vivre d'une façon pire que les animaux qui bien souvent sont aimés et pris en charge d'une manière affective en leur offrant le
nécessaire l'amour, un toit, à manger! Quelle chose étrange, incroyable à laquelle nous nous habituons comme si cela "était normal"! Nous sommes vraiment devenus "fou" ayant perdu tout contact avec
ce "que nous sommes vraiment"! On aimerait être comme ces divinités hindous "avoir mille bras" tant la souffrance est grande!
que dire le cœur se serre et une tristesse nous envahit et nous laisse impuissant tout en faisant ce que nous faisons!
merci Esther pour ces témoignages, rappel constant qui réveille de l'indifférence!


Olivier S 31/05/2011 00:05


Coucou,
Bravo à celui des mini Max qui a trouvé cet article.
La bise
Olivier


Michèle 30/05/2011 18:55


Témoignages très forts ...
Bravo pour ton fils .

il suffit de peu de chose pour que toute une vie bascule ; important de pouvoir témoigner !
bisous